– Leila Babès «  Le voile n’a donc rien de religieux. Il a à voir avec des hommes qui ont un rapport obsessionnel avec le corps de la femme »

Leila Babès «  Le voile n’a donc rien de religieux. Il a à voir avec des hommes qui ont un rapport obsessionnel avec le corps de la femme »

Avertissement : Ceci est un document de travail d’une traduction pour anglophones, il devait figurer à l’origine sous le texte traduit en anglais mais pour des raisons de mise en page et de présentation il était plus lisible de séparer les deux versions. Il s’agit d’extraits d’articles et/ou entrevues, afin d’introduire les idées des autrices au grand public, mais en aucun cas d’un compte rendu exhaustif de leurs pensées… Afin de mieux les connaître n’hésitez pas à acheter leurs livres ! Merci pour votre compréhension.
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Franco-algérienne, née à Guelma en Algérie, elle se définit comme citoyenne du monde. Titulaire d’un doctorat en sciences politiques, elle est Professeure de sociologie des religions à l’Université catholique de Lille et à l’Institut inter-universitaire en histoire des religions deLille. Elle a été directrice du département de sciences des religions et initiatrice de la formation en « Histoire et sciences sociales de l’islam ». Leïla Babès est autrice et co-autrice de plusieurs ouvrages et articles consacrés à l’évolution de l’islam en milieu sécularisé, au rapport entre foi et normes dans l’islam contemporain, à la critique de l’idéologie salafiste et des Frères Musulmans, à la question des femmes, à la mystique soufie, à l’anthropologie culturelle et religieuse du Maghreb, aux apories de l’islam politique, à la compatibilité entre islam et laïcité. Parmi ses nombreux ouvrages on peut citer : « Loi d’Allah, loi des hommes. Liberté, égalité, et femmes en islam » (avec T. Oubrou), Albin Michel, 2002 et « Le voile démystifié », Bayard, 2004. Elle a notamment collaboré à la revue Islam de France (1999-2000). Elle anime depuis de nombreuses années une chronique à Radio Méditerranée International (Médi 1). On admire cette grande intellectuelle, professeure érudite, qui n’hésite pas à se dire « engagée dans tous les combats pour la liberté et l’égalité. »

Sur le voile :

« Le tollé soulevé dans le monde musulman par le vote de la loi française d’interdiction des signes religieux à l’école (publique, NDLT) a révélé deux faits totalement inédits dans toute l’histoire de l’islam. D’abord les réactions quasi-hystériques qui se sont exprimées ici et là à propos du voile, devenu un phénomène mondial, le signe emblématique d’une communauté, montrent à l’évidence, une fracture dans la conscience musulmane. Jamais auparavant, ni dans la période califale ni même depuis l’émergence des premiers idéologues islamistes au début du XXe siècle qui ont fait du voile un précepte fondamental en le désignant abusivement par le concept de hijâb que le Coran réserve exclusivement aux épouses du prophète, le corps de la femme n’avait fait l’objet d’un débat engageant le destin de l’ensemble de la communauté. C’est un peu comme si le corps social se confondait avec celui de la femme.

Ensuite, ce qui frappe, c’est la reprise en coeur un peu partout d’un discours qui circule dans les milieux islamiques depuis quelques années, selon lequel le voile est une croyance et une pratique religieuse. Voilà bien une gigantesque mystification dont les mécanismes sont faciles à démonter.

Mais pourquoi tant de bruit pour ce morceau de tissu? Pourquoi ces musulmans ne manifestent-ils pas pour avoir de belles mosquées au lieu de ces obscures salles de prière qui donnent une image si misérabiliste de leur religion? Après tout, la prière est l’un des fondements cultuels avec la profession de foi, la zakât, le jeûne et le pèlerinage. Je ne sache pas que le voile fasse partie de ces cinq piliers de l’observance, pas plus qu’il ne constitue un élément du dogme musulman, un pilier de la foi avec la croyance en Dieu, aux anges, aux Livres, aux prophètes, et au Jour du Jugement dernier. Il n’y a strictement aucune différence dans ce domaine de la foi, du culte, de la spiritualité et du statut du croyant entre l’homme et la femme. Le Coran et la tradition prophétique sont clairs là-dessus. Si comme le prétendent les tenants de cette nouvelle doxa, le voile était une obligation cultuelle au même titre que la prière ou le jeûne, alors qu’attendent les hommes pour se voiler?

Une chose est sûre: cette supercherie est le fait des hommes, et elle touche le corps de la femme. Le voile a toujours été depuis son apparition il y a près de deux millénaires, un moyen de soumettre la femme à la tutelle de l’homme. Cette règle de «marquage» des femmes du clan, épouses, vierges, femmes de haut rang, accompagnée d’un tabou particulier sur les cheveux, se retrouvera presque partout dans le pourtour méditerranéen. Les islamistes qui croient que le Coran a inventé le voile se trompent. Le voile n’a rien de religieux, il n’est même pas le fait de croyants juifs ou chrétiens, c’est une coutume instaurée par des peuples de païens, des hommes de la Jahiliyya, , cet âge de l’ignorance de «la vraie religion». Le Coran ne «prescrit» pas le voile. Il ne fait que recommander aux femmes de le porter d’une manière décente qu’il ne décrit nulle part, et de couvrir leurs décolletés. Les principes éthiques que le Coran défend sont la pudeur et une attitude de réserve en matière d’attirance entre les sexes, principes qui s’appliquent d’ailleurs aussi bien aux femmes qu’aux hommes. Tout le reste n’est que fantasmagorie. Le voile n’a donc rien de religieux. Il a à voir avec des hommes qui ont un rapport obsessionnel avec le corps de la femme.

Rien d’étonnant à ce que les femmes soient l’objet principal d’une telle fixation lorsqu’on défend une conception liberticide. Le voile est à un tel point un symbole essentiel pour l’ordre islamiste qu’il permet de marquer une stricte différenciation des sexes, en assignant les femmes à une place particulière. En accentuant l’interdit qui pèse sur le corps de la femme, on rend celle-ci inapte à se découvrir, à se rendre visible, à investir l’espace public, à accéder au pouvoir, en somme, à être l’égale de l’homme. Mais c’est sur un autre registre que les ressorts profonds de ce pathos se jouent : le registre sexuel. Car c’est sur ce terrain que depuis deux milles ans l’obsession se déploie. Le Coran ne donne d’ailleurs aucun autre argument dans les trois versets relatifs au «voile», en mettant en cause systématiquement les hommes et leurs motivations sexuelles. En légiférant sur le voile, le texte divin a tenté de réguler les instincts libidinaux des hommes, toujours prêts à convoiter les femmes sans discernement, à commencer par les propres épouses du Prophète. Ces hommes n’étaient ni juifs, ni chrétiens, ni polythéistes, ils étaient musulmans.

Que conclure de tout ceci? Que 14 siècles après la fondation de l’islam, les musulmans qui agitent aujourd’hui le voile comme on agite l’étendard de la communauté, ont oublié ou feignent d’oublier l’exercice du jihad, que le Prophète lui-même a appelé le grand jihad pour le distinguer du combat armé, cet effort personnel de perfectionnement éthique et spirituel destiné à contrôler ses propres instincts. En faisant du voilement du corps de la femme, objet de toutes les convoitises, un moyen d’assurer leur tranquillité, les hommes s’autorisent à ne pas faire cet effort. Bien entendu, ce sont les femmes qui paient le prix de cette attitude infantile qui permet aux hommes de se réfugier dans le confort douillet de l’auto-dé-responsabilisation. Continuer d’affirmer que le voile est une prescription éternelle et non circonstanciée au lieu d’accomplir le jihad, c’est reconnaître que les hommes musulmans sont des hommes sans éducation, incapables de contrôler leurs instincts animaux. N’est-ce pas reconnaître par-là même l’échec de l’islam comme religion de la responsabilité? Comment expliquer cette fracture ? Comment en sommes-nous arrivés au point que l’islam est devenu la religion du voile ? Après l’éradication par les tenants d’une conception exclusivement juridique de l’islam de ce qui a fait la grandeur de cette grande civilisation, le savoir encyclopédique et l’humanisme, la philosophie, la théologie et la mystique, que reste-t-il ? Des prédicateurs disciples d’une poignée de «théologiens» réactionnaires, responsables de l’appauvrissement civilisationnel et intellectuel d’une religion devenue prisonnière d’une lecture paranoïaque qui ne retient que les interdits et les obligations. Le voile est vraiment l’illustration par excellence de l’état de délabrement intellectuel, culturel et spirituel dans lequel se trouve la pensée islamique contemporaine. »

Speakerines en voile intégral :

« La chaîne de télévision saoudienne, Awtan TV, a autorisé des femmes à présenter des programmes. Voilà qui pourrait paraître dérisoire et même risible, s’il ne s’agissait, d’abord du pays des wahhabites, et ensuite d’une chaîne de télévision religieuse. Il faut savoir qu’au mois de mars dernier, un groupe de 35 dignitaires religieux, avait demandé l’interdiction pure et simple de toute présence féminine, à la télévision et dans la presse écrite. Dans la foulée, ils avaient également demandé l’interdiction de la musique et des concerts à la télévision. Leur cible : le ministère de l’information et de la culture, accusé d’être un véritable vivier de l’immoralité qui se propage à la télévision, à la radio, dans la presse, les clubs et les foires du livre. En somme, c’est la culture, qui est source de turpitudes. Et plus que tout, « Aucune saoudienne ne devrait apparaître à la télévision et dans les journaux et les magazines saoudiens », ont-ils déclaré.

Il faut dire que dans ce pays de misogynes où on passe son temps à gommer toute intrusion de la présence féminine dans l’espace public, il se passe toujours quelque chose. La milice chargée de gommer au feutre les parties des corps de femmes qui s’étalent dans les magazines occidentaux doit être submergée. On a beau effacer, il en reste toujours quelque chose. Et puis les Saoudiennes exagèrent depuis quelques temps. Elles ont eu le droit de voter, y en a même une au gouvernement, elles vont à l’université, entre femmes d’accord, mais tout de même, et elles menacent même de conduire des voitures.

Des speakerines donc dans une chaîne de télé religieuse, c’est un évènement, surtout dans un pays qui considère la voix de la femme comme obscène. Seul petit détail : elles sont tenues de se voiler intégralement, en niqâb, à par les yeux, comme on peut le constater dans les images diffusées des deux speakerines, enfin à part les yeux qu’on devine plus qu’on ne voit réellement. Pour tout dire, le décor a dû être soigneusement étudié car seul le blanc des fauteuils sur lesquelles les deux jeunes femmes sont assises, permet de distinguer leurs silhouettes, toutes de noir vêtues, y compris les mains, enserrées dans des gants noirs.

Et que présentent-elles comme programme, ces dames avant-gardistes ? Des prêches religieux ? Que nenni. L’une des deux, Ola al-Barqi, présente une émission matinale et une sorte de jeu de quiz appelé Mosabaqat Banat. Elle confie qu’on n’a pas besoin de montrer sa face pour construire une relation avec le public, et que le niqâb, qu’elle juge de toute façon conforme à la loi religieuse, permet aux téléspectateurs de se concentrer sur les paroles et les idées. Comme si elle risquait, si elle n’était pas masquée, de voir des hommes cloués devant leur poste de télé à seule fin de contempler sa beauté, pendant qu’elle débite ses niaiseries. Nous ne nous présentons pas, a-t-elle ajouté, comme des femmes belles qui mettent des couches de fond de teint. Pas de budget pour le maquillage et pour toutes ces frivolités sataniques, voilà qui fera des économies pour la chaîne.

La révolution culturelle saoudienne qui prendra avec un peu de chances quelques siècles pour aboutir à une réelle émancipation des femmes dans le pays d’islam le plus archaïque et le plus obscurantiste qui soit, nous réserve encore bien d’autres surprises dans le genre. La dernière trouvaille est édifiante : le spectacle télévisuel de lourdes silhouettes engoncées dans des bâches noires et dont on nous dit que ce sont des femmes, et qu’en plus, elles parlent. En attendant la prochaine avancée théologique, cette percée des femmes dans le paysage public saoudien laisse une foule de questions en suspens. Comment ces femmes font-elles pour être reconnues lorsqu’elles arrivent au siège de la chaîne ? Doivent-elles soulever leur masque devant des gardiennes femmes, porter des signes de distinction, ou se faire identifier par un système de reconnaissance vocale ? Comment s’assurer que des hommes n’ont pas pris leur place, surtout qu’aucun homme n’est autorisé à pénétrer les studios ? Pourquoi mettre des femmes sans visage dans une émission destinée à être regardée, une émission de radio aurait fait l’affaire. Ou encore, puisque ces programmes sont destinées à un public féminin, pourquoi ne pas mettre un dispositif de cryptage pour empêcher les hommes de regarder ? Le fait est qu’ils peuvent regarder, mais circulez, y a rien à voir. Si c’est la beauté du visage qui pose problème, pourquoi ne pas recruter des femmes laides et vieilles ? Mais au fait, n’est-ce pas Dieu qui dit que les femmes ménopausées n’ont pas besoin de se voiler ? Voilà une parole divine qu’on n’entend jamais dans la bouche des défenseurs du voile. »

« Des nouvelles générations arrivent (en France, NDLT), nées ici, dont les soeurs, cousines, mères, ont déjà été exposées à cette tendance à prendre le voile pour une obligation. En tout cas, c’est ce qu’on leur a dit. Elles sont touchées par les prédicateurs dans les quartiers qui atteignent leurs pères, leurs frères qui vont à la mosquée. Cela tient donc en partie à un phénomène démographique mais les raisons sont multiples. Il peut y avoir des motivations identitaires pour se démarquer. Ça peut être lié à l’adolescence, à la recherche de soi, au poids de l’environnement. Et aussi un effet de communautarisation qui vient du ghetto : on a mis des gens de même appartenance dans les mêmes quartiers. Les raisons, donc, sont multiples. »

« La loi contre les signes religieux à l’école est bien passée car on ne demandait pas grand-chose. Le voile intégral, c’est un substitut de la claustration. C’est une façon de montrer le statut de recluse dans l’espace public et ça, c’est insupportable ! Par rapport à la loi, ce qui me semble le plus pertinent est de dire qu’une personne qui avance masquée dans la rue, sans identité donc, peut être n’importe qui. Et donc, cela peut-être dangereux. L’espace public est un espace du vivre ensemble. Un espace de cohabitation pour tout le monde, c’est-à-dire pour des gens que l’on peut identifier. Le voile intégral est antinomique de l’espace public comme lieu d’échanges et de rencontres. On ne peut pas parler à une personne qui est masquée. Et sur le fond, avec le voile intégral, on est dans quelque chose, du point de vue de la norme islamique, qui est excessif. Le Coran fustige la démesure et dit qu’il faut garder la mesure en toute chose. C’est pour cela que l’on dit que l’islam est une religion du juste milieu. Le Coran met beaucoup l’accent sur l’importance de ne pas aller vers les extrêmes. Avec le voile intégral, on est dans l’extrême. Ceux des religieux qui, pour justifier le port du voile intégral, vont chercher des justifications pour étayer leurs normes obscures sont des inconnus, qui n’ont pas de statut de reconnaissance. Qui sont en marge. Dans l’islam classique, le voile intégral est un phénomène marginal. »

à propos de la laïcité :

« La laïcité à la française a-t-elle vécu ? Poser la question en ces termes suggère qu’il s’agit là d’une expérience particulière de séparation entre l’Église et l’État, un exemple parmi d’autres. La formulation peut même laisser entendre que le modèle est critiquable, justiciable d’une remise en question. Et il l’est. Pas simplement en Europe, mais en France même, y compris par des laïcs qui se laissent prendre au piège de la culpabilité, à la honte d’appartenir à une tradition jugée « trop » radicale, « trop » singulière, « trop » ignorante des préoccupations identitaires. Bref,  la France serait non pas laïque, mais laïciste.

En vérité, en voulant nous faire peur, toute cette vulgate en est venue à banaliser le procès de la laïcité. C’est d’autant plus efficace lorsqu’on oppose au modèle une laïcité « ouverte », « humaine », « plurielle ». Il va sans dire que les candidats à ces réformes seraient bien en peine de nous expliquer de quoi il retourne et ce que signifient concrètement ces vagues formules. Ignorance des significations réelles de la laïcité ou militance antilaïque ? À coup sûr, les deux explications sont valides et jouent de pair. Comme dans cette manie détestable de traduire le concept en « isme », la valeur en scénario du pire, l’incompréhension du principe côtoie le désir d’en découdre et la nostalgie du tribalisme.

Confusionnisme, déconstructivisme à tout va et surenchère, voilà qui résume en trois mots la fronde, ou plutôt le front des antilaïques. La contestation est parfois directe, mais la plupart du temps sournoise. Lorsqu’elle n’est pas accusée de porter atteinte à la « liberté religieuse »,  la République laïque est interpellée sur le bien-fondé de son modèle d’intégration ou sa politique néocolonialiste à l’égard de ses « indigènes ».

Mais voilà qu’à ceux qui rêvent d’une République fourre-tout, une coquille vide destinée à accueillir à bras ouverts ces « pestes communautaires » que sont les identités collectives lorsqu’elles investissent l’espace public, d’autres opposent ses valeurs comme un privilège civilisationnel hérité de la culture chrétienne. Curieux chassé-croisé que ce nouveau pacte imaginaire entre la laïcité et le catholicisme lorsqu’on se souvient que les anticléricaux croyaient dur comme fer que celle-ci ne pouvait se construire que contre celui-là.

L’État laïque n’est ni pour ni contre telle ou telle identité religieuse, il est tout simplement dans cet ailleurs qui est à la fois extérieur par indifférence – sauf en tant que garant de la liberté de l’exercice du culte, et non de la « liberté religieuse » -, et supérieur par la prévalence de sa loi. C’est cela qui garantit la paix civile dans une société pluraliste. C’est pourquoi toute ambiguïté, toute confusion sur les rôles respectifs de l’État et des religions, surtout lorsque celles-ci sont déplacées du cadre confessionnel tel qu’il est défini par la loi vers le terrain conflictuel des identités, ne peuvent être que dangereuses.

Évidemment, la laïcité « à la française » est une exception. Serait-ce en soi une faute ? Dans le fond, à quelle autre laïcité pourrions-nous nous référer ? Peut-on être un peu, modérément, excessivement laïc ? Les deux sphères sont séparées ou ne le sont pas. La laïcité est d’abord une affaire d’État. Ensuite, elle est un contrat qui engage l’ensemble de la communauté. Elle n’est pas une alternative, une option, une opinion personnelle. Elle est un cadre de loi, la traduction institutionnelle d’un processus de sécularisation qui a touché l’ensemble des sociétés modernes.

Il n’y a pas de laïcité à la française car la laïcité est française. Il n’y a pas de honte à le reconnaître. Cela empêche-t-il qu’elle soit porteuse d’universalité ? Au contraire. Le propre d’un État laïque est d’être neutre, au-delà des religions comme différences. Sans distinction, sans discrimination ni favoritisme, sans relativisme. Et c’est parce qu’il se place dans cet « au-delà » qui transcende les particularismes religieux qu’il est fédérateur et le seul garant de l’unité fondée sur l’adhésion de tous les citoyens aux valeurs centrales.

Rappeler ce qu’est la laïcité, expliquer, clarifier, enseigner, mener une vraie campagne pédagogique, voilà ce qui manque cruellement. Pourquoi pas un ministère de  la Laïcité ? »

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